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Les réfugiés de guerre philippins confrontés à des risques sanitaires mortels

Ⓒ AFP – NOEL CELIS – | Environ 240 000 personnes ont été déplacées par les combats à Marawi, qui a débuté il y a plus de deux semaines, lorsque des centaines de militants ont fait rage dans la ville et ont fait vibrer les drapeaux noirs du groupe de l’État islamique

Plus de 200 000 personnes déplacées après que des militants islamistes ont attaqué une ville philippine méridionale sont confrontés à des risques mortels pour la santé, des groupes de secours ont déclaré vendredi après qu’une mère en fuite ait déclaré à l’AFP que son bébé est mort en raison d’un manque de soins médicaux.

Le début de la saison des pluies pourrait aggraver la situation, a averti le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) car il a déclaré qu’il avait déjà observé un pic de diarrhée, de maladies respiratoires et d’autres maladies.

« La situation de la santé n’est pas encore critique à ce stade, mais nous craignons que cela puisse empirer dans les prochains jours avec un déplacement prolongé », a déclaré Jose Amigo, coordinateur de la santé pour le CICR aux Philippines.

Environ 240 000 personnes ont été déplacées par les combats à Marawi, selon le gouvernement.

Les troubles ont commencé il y a plus de deux semaines, lorsque des centaines de militants ont fait rage dans la ville en brandissant des drapeaux noirs du groupe de l’État islamique (IS).

Ⓒ AFP – Gal ROMA – | Conflit dans le sud des Philippines

Le président Rodrigo Duterte a déclaré que l’attaque faisait partie d’un complot plus large par IS pour établir une base dans la région méridionale de Mindanao et a déclaré la loi martiale là pour étouffer la menace.

Vingt civils ont été confirmés morts en raison des combats, selon le gouvernement, mais le nombre réel est susceptible d’être plus élevé avec les autorités qui n’ont pas encore pleinement évalué les 10% des Marawi encore détenus par les militants.

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Environ 2 000 personnes sont également soupçonnées d’être encore piégées dans ces régions, certaines étant utilisées comme boucliers humains, selon les autorités.

Pendant ce temps, environ 90 p. 100 des évacués se sont réfugiés dans les foyers de leurs proches et de leurs amis plutôt que dans des centres d’évacuation, d’après les données gouvernementales, et les travailleurs humanitaires n’ont pu les aider tous.

Parmi ceux qui restent avec des amis et des parents, Emmalyn Macababayao, 37 ans, qui a déclaré à l’AFP, son fils d’un an, est mort après avoir été malade pendant une épreuve de six jours pour échapper à Marawi.

« En fuyant, je me suis serré contre mon fils aîné avec ma main gauche tandis que l’autre allait », a déclaré Macababayao alors qu’elle se mit à pleurer.

« Le bébé, ce temps-là avait tellement faim. Il pleuvait tellement, nous nous sommes tous mouillés. C’était une longue promenade, je pleurais, je me sentais désespérée et désespérée. Mais je tenais ferme à mes enfants. J’avais tellement peur … J’étais seul. »

Elle a déclaré que son fils est mort trois jours après avoir atteint la maison d’un parent, après avoir été incapable d’obtenir un traitement médical pour la fièvre et la diarrhée.

L’armée des Philippines a annoncé vendredi qu’il espérait vaincre les militants d’ici le lundi, jour de l’indépendance.

Mais de lourds combats se sont poursuivis dans certaines parties de Marawi vendredi, selon un journaliste de l’AFP.

CGV